« Burn out, bore out, brown out » ?
Non, il ne s’agit pas d’un nouveau slogan pour une marque de barres chocolatées brule graisse !
Il s’agit de 3 maladies psychologiques en lien avec le travail : l’épuisement professionnel, l’ennui au travail et le désengagement.
A leur origine, des risques psychosociaux (RPS). Sur le site du Ministère du Travail, on en trouve la définition suivante : « Les risques psychosociaux sont définis comme un risque pour la santé physique et mentale des travailleurs. Leurs causes sont à rechercher à la fois dans les conditions d’emploi, les facteurs liés à l’organisation du travail et aux relations de travail ».
Mais qu’est-ce qui se cache vraiment derrière ces trois termes dont on entend parler de plus en plus souvent ? Comment les reconnaitre ? Et comment éviter que ces situations n’apparaissent ?
Le burn out : quand on est au bout du rouleau
Le sondage d’Empreinte Humaine réalisé en octobre 2021 indique que 2,55 millions de salariés sont touchés par un burn-out sévère en France.
Burn out (ou « syndrome d’épuisement professionnel ») : définition
Venant de l’anglais, on le traduit en français par « syndrome d’épuisement professionnel ».
On peut définir le burn out comme un état de mal être à la fois physique et mental, ayant pour origine le quotidien professionnel.
Les symptômes du burn out
Les symptômes du burn out peuvent être multiples. On retrouve ainsi des troubles du sommeil, des problèmes digestifs, des douleurs musculaires, des variations de poids, des addictions, des difficultés de concentration, de l’agressivité…
La personne concernée peut à terme développer des problèmes de santé plus graves comme la dépression par exemple.
Des chercheurs en psychologie de Moodwork ont développé une échelle de burn out accessible gratuitement en cliquant ici.
Prévenir le burn out
Voici quelques actions à mettre en place pour limiter l’arrivée d’un burn out.
Commencer par faire attention à sa surcharge de travail. Qui dit beaucoup de travail dit stress, grande charge mentale, du mal à déconnecter, un environnement personnel qui peut être affecté et finalement un craquage.
Faire attention aux signaux que notre corps nous envoie. Qu’il s’agisse de grande fatigue, de stress continu, de perte d’envie de faire des choses et de démotivation pour le travail, si ces situations s’installent durablement il faut agir avant qu’un burn out ne s’installe.
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Le bore out : quand on s’ennuie à mourir
Un sondage Qapa réalisé en 2019 révèle que 63% des Français actifs sont victimes de bore-out, principalement des femmes.
Bore out : définition
Bien que différent du burn out, le « bore out », dont il est en réalité diamétralement l’opposé, est tout aussi dangereux. Le bore out désigne le manque de travail, l’ennui, ayant pour conséquence une (très) mauvaise satisfaction au travail.
A garder à l’esprit que l’ennui que l’on ressent dans le cas d’un bore out n’est pas forcément synonyme de manque de sens au travail.
Bore out : symptômes
Les symptômes du bore out sont sensiblement les mêmes que ceux du burn out : stress, troubles psychologiques…
Les mêmes chercheurs de Moodwork ont développé une échelle de bore out au travail accessible gratuitement en cliquant ici.
Eviter les situations de bore out
On peut heureusement réduire les risques de bore out.
On peut par exemple favoriser les échanges avec son manager pour lui faire part du fait qu’on n’a pas suffisamment de travail, qu’on souhaiterait avoir plus de responsabilités ou toucher à d’autres dossiers que ceux qu’on traite actuellement (et peut être depuis longtemps).
On peut aussi essayer de sociabiliser au maximum avec les collègues. Ça permet d’échanger sur les sujets phares de l’entreprise et donc de se tenir au courant des potentiels dossiers sur lesquels on souhaiterait se positionner.
Le brown out : quand le travail n’a plus de sens
En France, on compte pas moins de 54% de travailleurs désengagés ou démotivés par leur travail. Le chiffre diminue et atteint 37% pour la moyenne mondiale, selon une enquête Ipsos.
Brown out : définition
Le terme « brown out » vient du monde de l’énergie et indique la baisse d’énergie d’un appareil électrique.
On peut traduire le terme de « brown out » par « manque d’énergie », une situation où la personne a « les batteries à plat ».
On dira d’un salarié qu’il est atteint de brown out lorsque résulte une perte de d’énergie et d’engagement, venant de la perte de sens dans son travail.
Ce sont notamment les « bullshit jobs » ou « métiers à la con » décrits par David Graebler qui en sont à l’origine.
Plus difficile à déceler que les précédents burn out et bore out, le brown out n’en demeure pas moins tout aussi dangereux pour la santé des personnes concernées.
Brown out : symptômes
Jamais deux sans trois, les symptômes du brown out sont sensiblement les mêmes que ceux du burn out et du bore out avec pour résultats un stress excessif qui joue sur la santé de la personne qui le subit.
Ceci dit, symptôme qui ne trompe pas : la perte de motivation pour le travail !
Comment prévenir le brown out ?
La première personne concernée lorsqu’il s’agit d’endiguer le brown out est le manager. Etant le lien opérationnel entre son collaborateur et le top management, il a pour mission de créer un environnement favorable à ce que chacun trouve du sens dans ce qu’il fait.
Donner du feedback, varier les missions de chacun, développer un management collaboratif ou créer une véritable vie d’équipe sont autant de solutions qui s’offrent aux managers de proximité pour éviter le brown out.
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Les jeunes et la souffrance au travail
D’après une étude menée par Technologia en 2014 on constate que les jeunes sont une population à risque de souffrir du travail dès les premières expériences dans la vie active.
Qu’il s’agisse d’un stage, d’une alternance ou d’un premier job :
- 16% des 15-29 ans présentent déjà au moins un symptôme d’épuisement professionnel
- 64% des 18-34 ans affirment être stressés au travail
- 12% d’entre eux déclarent se sentir vidés affectivement par leur travail
Les débuts dans la vie professionnelle
A tout démarrage d’activité professionnelle on est confronté à un certain stress appelé « stress de base ». Ce stress c’est ce que nous coûte l’effort qu’on accepte de faire pour s’adapter à la nouvelle situation que l’on vit.
Tout changement provoque ce stress.
L’entrée dans la vie active nécessite un effort d’adaptation conséquent pour modifier son mode de vie. Vivant successivement des moments euphoriques, enthousiasmant et d’autres moment d’inquiétude et de frustrations, c’est donc logiquement que cette situation peut générer un certain état de stress.
Une erreur d’orientation professionnelle
Nombreux sont les jeunes actifs qui se rendent compte une fois arrivés dans le monde du travail qu’ils se sont trompés de filière. Le métier qu’ils exercent finalement ne correspondant pas du tout à l’idée qu’ils s’en étaient fait.
Le décalage entre les aspirations professionnelles et la réalité du monde du travail et/ou des missions confiées sur des premiers emplois ne font que favoriser ce risque de souffrance au travail.
Ennui, perte de sens, sentiment d’inutilité… autant de facteurs générateurs de bore out ou brown out.
Une surcharge de travail et des difficultés à poser ses limites
Derniers arrivés, pleins de fougue, peu d’engagements extra professionnels, le cocktail parfait qui conduit leurs managers à les inonder de travail.
Et par crainte de perdre leur emploi notamment, ils ont du mal à poser des limites claires sur ce qu’ils acceptent de faire ou pas et se laissent donc souvent marcher sur les pieds.
Un mode de vie pas si équilibré
Nos capacités à nous ressourcer pour être en pleine forme dépendent de notre hygiène de vie.
Or on peut constater que les jeunes actifs n’ont pas tous une bonne hygiène de vie. Des repas qui sautent, une alimentation peu équilibrée, peu de sommeil… leurs corps sont parfois mis à rude épreuve !
Quelles solutions à ces situations ?
Si tu as le sentiment de te retrouver dans une de ces situations, le plus important est d’en parler. A ton entourage, à ton médecin traitant, au médecin du travail…
Le plus grand risque étant de développer un état dépressif qui peut conduire jusqu’au suicide.
Un médecin sera justement en capacité de poser un diagnostic sur ce que tu vis et pourra te prendre en charge, en te fournissant un arrêt de travail par exemple.
En parler également à ton responsable. Comme dit précédemment, ce sera à lui de mettre en place des actions qui permettent de faire disparaitre ces situations.
Quoi qu’il en soit, deux questions se poseront à la fin :
- Rester dans l’entreprise ou partir ?
- Continuer le même métier ou se reconvertir ?