Cette expression anglophone « bullshit jobs » peut se traduire par « jobs à la con ».
Théorisée par David Graeber, elle désigne le fait d’avoir à réaliser au travail des tâches totalement inutiles et vides de sens.
La théorie de Graeber sur les bullshit jobs
C’est David Graeber, anthropologue américain qui a théorisé cette expression en 2013. Il postule que notre société moderne repose sur l’assujettissement d’une majorité des personnes qui travaillent dans les bureaux. Le tout ayant pour vocation unique de réaliser des tâches inutiles, vides de sens et sans aucun intérêt pour la société, mais permettant de ne pas faire exploser la courbe du chômage.
Pour lui, « la technologie a été manipulée pour trouver des moyens de nous faire travailler plus. Pour y arriver, des emplois ont dû être créés et qui sont par définition, inutiles ».
Ces emplois sont des impostures de travail. Pour autant, les personnes qui les exercent ne sont pas forcément des imposteurs car elles n’ont pas forcément conscience de l’inutilité de leur travail.
Comment identifier un job à la con ?
Graeber propose une méthode simple pour identifier un job inutile : on se projette dans une réalité où le métier n’existe pas et on évalue quel impact cela a sur la société.
On peut imaginer qu’une société sans enseignants, sans médecins ou sans plombiers ne tiendrait pas debout longtemps par exemple.
A l’inverse, nous pourrions tout à fait nous passer d’un marketeur ou d’un contrôleur de gestion. Ce sont ces derniers métiers que Graeber définit comme « une forme d’emploi rémunéré qui est si totalement inutile, superflue ou néfaste que même le salarié ne parvient pas à justifier son existence ».
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Cinq catégories de bullshit jobs
Dans Bullshit Jobs (Les liens qui libèrent, 2019) David Graeber décrit cinq grandes catégories de jobs à la con.
Les « larbins »
Également appelés « faire-valoir », ils servent à mettre en valeurs les autres.
C’est-à-dire permettre à quelqu’un de se sentir s’élever dans les rangs de la société en effectuant un travail qui les tapit dans l’ombre et les rend donc moins important.
Les « porte-flingue »
Également appelés « sbires », ils sont recrutés car les concurrents emploient déjà quelqu’un sur ce type de poste qu’ils ont eux-mêmes créé. Le recrutement de ces métiers se fait de manière agressive, en simple réponse à ce qui existe déjà chez les autres.
« Un pays n’a besoin d’une armée que parce que les autres pays en ont une. Si aucun n’en avait, personne n’en verrait l’utilité. Or, ce constat vaut également pour les lobbyistes, les experts en relations publiques, les télévendeurs ou les avocats d’affaires, d’autant plus que comme les vrais porte-flingues, ils ont un impact éminemment négatif sur la société. »
Les « rafistoleurs »
Également appelés « sparadraps », ils servent à résoudre des problèmes qui ne devraient pas exister dans l’organisation.
C’est souvent le cas des services techniques et informatiques. Dans cette catégorie on peut aussi regrouper toutes les personnes qui se chargent de réparer les erreurs d’un collègue ou qui se récupèrent une tonne de dossiers d’un autre incompétent ou du moins surchargé.
Les « cocheurs de cases »
Ils permettent à une entreprise de prétendre qu’elle traite un problème alors qu’elle n’a aucune intention de le résoudre.
Vous la voyez peut-être venir cette maladie qui touche une grande partie des entreprises. Cette réunionite récurrente qui n’a pour seul objectif que de fixer la prochaine alors qu’on n’a pas abordé un seul point à l’ordre du jour (il y a un ordre du jour ?) au bout d’1h de réunion !
Personnellement j’ai vécu l’expérience suivante : mon chef me demande d’organiser un grand sondage auprès de tous les collaborateurs de l’entreprise pour la mise en place d’un nouvel outil, mais… « on s’en moque du résultat de toutes façons on poussera les infos qui nous conviennent ».
Les « petits chefs »
Également appelés « contremaitres », ils ne servent qu’à surveiller des personnes qui travaillent déjà de manière autonome.
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Il existe deux grandes familles de petits chefs.
La première comprend une situation quasi inversée des « larbins ». C’est-à-dire que ces petits chefs sont également totalement superflus mais cette fois-ci ce sont eux qui donnent les ordres.
La deuxième famille est plus problématique car elle comprend les personnes qui créent elles-mêmes des tâches inutiles, voire qui créent elles-mêmes des bullshit jobs.
Est-ce que toi aussi tu as connu cette réunion d’équipe récurrente pour laquelle on te demande tout le temps de faire un reporting complet de ton activité et qu’on passe 43 secondes dessus ?
Job à la con et brown out
Les psychologues du travail se sont peu à peu approprié cette théorie des bullshit jobs pour décrire une pathologie abordée dans un autre de mes articles : le brown out.
Le brown out signifie littéralement « baisse de courant » quand on le traduit de l’anglais. Il représente l’incompréhension pour un salarié de son travail ou de ses finalités.
Comment faire pour sortir d’un job à la con ?
Mettre fin à cette situation et chercher à remettre du sens dans son travail ne passe pas par les mêmes actions pour tout le monde.
Que ce soit pour remettre du sens dans ton poste actuel ou que ce soit pour chercher un nouvel emploi qui corresponde davantage à ce qui est important pour toi, tu peux par exemple aider ta réflexion en cherchant ton Ikigai, ou en faisant quelque chose à côté de ton travail qui a du sens pour toi.
Le but c’est de trouver un métier qui est au croisement de 4 aspects :
- Ce pour quoi tu es doué ;
- Ce que tu aimes ;
- Ce dont le monde a besoin ;
- Ce pour quoi tu peux être payé.
Ou tu peux simplement me contacter.