Manque de confiance en soi : 3 mécanismes qui l’entretiennent et comment en sortir

Tu sais faire ton travail. Tes collègues te le disent, tes résultats aussi. Et pourtant, dès qu’il faut décrocher le téléphone, passer un entretien ou donner une directive, une petite voix se réveille : « Et si je n’y arrivais pas ? »

Ce décalage entre ce que tu vaux et ce que tu te crois capable de faire s’appelle le manque de confiance en soi.

Bonne nouvelle : il ne tombe pas du ciel. Il s’entretient par trois mécanismes précis que je retrouve presque toujours en séance : l’auto-accusation, les ordres que tu te donnes, et le « pourquoi moi ? ». Je te montre comment chacun fonctionne, avec le cas d’une jeune comptable que j’ai accompagnée, puis comment reprendre confiance en toi pas à pas.

D’où vient ton manque de confiance en toi ?

La confiance en soi est l’une des trois composantes de l’estime de soi, avec l’image de soi et l’amour de soi.

Femme regardant son reflet dans la grande vitre d'un bureau au crépuscule

C’est aussi l’un des moyens les plus efficaces pour atteindre les objectifs que tu te fixes : c’est elle qui te fait passer de « j’aimerais bien » à « je me lance ».

Son manque ne se manifeste pas de la même façon chez tout le monde. Chacun et chacune ressent les choses à sa manière : une situation facile pour toi peut être un mur pour la personne à côté de toi, et l’inverse. Aujourd’hui, la société pousse à se mettre en scène. Un déficit de confiance, même minime, complique alors le quotidien : répondre au téléphone, passer un entretien d’embauche, donner des directives.

Le manque de confiance a aussi une particularité : il se loge partout où tu lui laisses de la place. Ses causes sont donc rarement uniques. Mais trois mécanismes reviennent tout le temps.

Tu t’accuses de tout ? Voilà comment ça mine ta confiance

L’auto-accusation consiste à te poser en unique responsable de tout ce qui arrive. Tu t’accuses de toutes les fautes possibles, vraies ou non : « Si j’avais fait comme ceci, si j’avais dit cela, tout aurait été différent, tout est de ma faute ! »

La jeune comptable que j’ai accompagnée avait cette phrase en boucle : « tout est de ma faute ». À ce rythme, chaque difficulté devenait une preuve de son incompétence, jamais un simple aléa.

Jeune comptable seule à son bureau le soir, relisant un rapport couvert d'annotations au stylo rouge

C’est un mécanisme bien pratique pour entretenir une mauvaise estime de soi : il nourrit la culpabilité, et la culpabilité mine la confiance. Le premier pas est d’accepter que tout n’est pas de ta faute.

Pour chaque situation, demande-toi ce qui dépendait réellement de toi et ce qui n’en dépendait pas. Tu verras que la part qui t’appartient est souvent bien plus petite que celle que tu t’attribues.

Tu te donnes des ordres ? Voilà pourquoi tu te fermes des portes

Tu as peut-être tendance à toujours te donner des ordres. C’est le « Je n’aimerai plus jamais ! » après une rupture avec quelqu’un dont on était follement amoureux ou amoureuse. En t’obligeant à respecter ces injonctions, tu t’obliges à vivre bien en dessous de ce que tu pourrais. Tu t’empêches aussi de vivre plein d’autres belles choses, qui pourraient justement booster ta confiance.

Il existe une version plus discrète de ces ordres : ce qu’on appelle un « driver », une consigne intérieure apprise très tôt, qui te dit comment tu dois être pour mériter ta place. Chez la jeune comptable, c’était un « sois parfaite » très puissant. Quand tout doit être parfait, la règle devient vite : mieux vaut ne pas essayer que de risquer l’erreur. Elle s’autosabotait sans s’en rendre compte, non par manque de compétence, mais parce que l’erreur lui semblait interdite.

Gros plan sur des mains qui réécrivent une phrase sur un bloc-notes, entourées de boules de papier froissé

Si tu te reconnais, regarde les phrases qui commencent par « je dois », « il faut que » ou « je ne dois plus jamais ». Ce sont souvent elles qui te ferment des portes.

« Pourquoi moi ? » : quand le doute te fait refuser ce qu’on t’offre

Quand on doute de sa valeur, on devient incapable de recevoir ce que les autres ont à nous offrir. Ce sont les « Pourquoi m’a-t-elle donné son numéro de téléphone ? Elle va être déçue ! » et les « Pourquoi m’a-t-on confié le management de cette équipe ? ». Pourquoi, et toujours pourquoi.

Ce mécanisme ressemble à ce qu’on appelle le syndrome de l’imposteur au travail, cette impression de ne pas mériter sa place (ce n’est pas un diagnostic médical, mais un ressenti très répandu). La jeune comptable se répétait : « pourquoi moi ? », « je n’y arriverai jamais », « je ne suis pas capable ».

Le piège est là : à force de te persuader, tu finis par donner raison à tes doutes. Pour éviter toute déception, tu construis une vie morne, où rien n’attire l’attention vers toi, pour rester tapi dans l’ombre et ne pas avoir à te dévoiler.

Shakespeare l’avait vu dans Mesure pour mesure : « Nos doutes sont des traîtres, et nous font perdre le bien que nous pourrions gagner en craignant d’essayer. »

Le doute ne te protège pas : il te prive de ce que tu aurais pu gagner.

Comment reprendre confiance en toi : ce que je travaille en coaching

Par où commencer ? Par tes réussites, pas par tes points faibles. Il est beaucoup plus productif, et donc plus motivant, de t’appuyer sur ce qui fonctionne déjà, parce que tes réussites cachent des talents.

Fais la liste de tes qualités. Prends un carnet et note tout ce pour quoi tu es doué ou douée : des choses concrètes, comme le dessin, ou des choses moins visibles, ce qu’on appelle les « soft skills ». Note tout ce que tu fais mieux ou plus vite que les autres.

Et si tu n’y arrives pas ? Pense aux compliments et aux retours positifs de ta famille, de tes amis, de tes collègues, de ton manager. Pense aussi à ce que tu aimes faire. Si c’est encore trop difficile, demande à des proches bienveillants et qui te connaissent bien de te dire ce qu’ils voient comme tes réussites. Une fois la liste faite, mets-la au propre : tu pourras y revenir chaque fois que le sentiment d’échec ou de culpabilité reviendra.

Cette liste est un point de départ. En séance, j’y ajoute quatre leviers.

Assouplir tes croyances limitantes.
« Je ne suis pas capable » n’est pas un fait, c’est une croyance. On ne la remplace pas de force par « je suis formidable » : on la questionne, on regarde sur quoi elle repose, on la rend moins rigide.

Apprivoiser tes peurs.
Il ne s’agit pas de les supprimer, mais de les nommer et d’apprendre à avancer avec elles.

T’autoriser l’erreur.
C’est le contrepoids direct du « sois parfaite ».

Avancer par petits pas.
Lao Tseu l’écrivait dans le Tao Te King : « un voyage de mille lieues commence par un premier pas ». Un plan d’action découpé en étapes accessibles est plus efficace qu’une grande résolution que tu n’oses pas tenir.

Jeune femme gravissant les premières marches devant un immeuble de bureaux

Peut-on y arriver seul ? Les éléments que je viens de cité, oui. Pour les mécanismes plus ancrés, comme un driver, c’est plus difficile : on ne voit pas ses propres angles morts. Un regard extérieur accélère souvent les choses.

Pour la jeune comptable, il a fallu 3 mois de coaching, puis 3 mois pour appliquer le plan d’action défini ensemble. Résultat : elle a repris ses candidatures et passé des entretiens, ceux-là mêmes qu’elle appréhendait énormément. Six mois, pas six jours : la confiance ne s’active pas comme un interrupteur, elle se construit.

En complément, tu peux regarder cette vidéo de Lisa Lai, qui explique comment le cerveau réagit face au manque de confiance en soi.

Ta confiance se construit, elle ne se décrète pas

Le manque de confiance n’est pas un défaut de caractère. C’est un ensemble de mécanismes appris : s’accuser de tout, se donner des ordres, se demander « pourquoi moi ? ». Ce qui s’apprend peut se désapprendre, à condition de commencer petit et de ne pas attendre d’être parfait pour te lancer.

Si tu te reconnais dans un de ces trois mécanismes et que tu veux avancer, un échange suffit souvent à y voir clair. Fixe ton rendez-vous exploratoire offert, et voyons ensemble par où commencer.

On sait que notre cerveau nous contrôle, mais alors… qui contrôle notre cerveau ?

Lisa Lai

Conférencière TEDx

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