Tu hésites à te lancer dans un coaching, mais tu sais pas ce qui t’attend. Est-ce qu’on va te poser des questions pendant des heures ? Te donner des conseils ? Et au bout de combien de temps tu verras la différence ?
Je te le dis franchement, un coaching, c’est pas une suite de conversations agréables. C’est un parcours qui suit un ordre précis, et cet ordre ne doit rien au hasard. Pour que ce soit concret, je te raconte celui de Mouss, 22 ans, phase après phase.
Comment se déroule un coaching du début à la fin ?
Un processus de coaching dure environ 3 mois. Compte à peu près 10 séances d’une heure, à raison d’une séance par semaine ou toutes les deux semaines. Parfois il en faut moins, et c’est une vraie différence avec le bilan de compétences, dont le cadre est plus fixe. Le coaching se règle sur ton besoin, pas sur un calendrier imposé.
Tout commence par un premier échange offert, où tu me dis ce qui t’amène. Ensuite le parcours avance en 4 phases, chacune répondant à une question.
Ces durées sont des moyennes. Une phase peut se jouer en moins de temps, une autre en demander davantage.
Quelles sont les 4 phases du coaching ?
Je te les raconte une par une, avec le parcours de Mouss en fil rouge.
D’où pars-tu ? Phase 1, l’exploration
Mouss avait 22 ans et il était alternant en tant que juriste. Sa demande de départ tenait en une phrase : être à la fois bon dans son travail et avoir une vie sociale. Pourtant, il se rendait compte qu’il s’effaçait de plus en plus au fil des mois. Lui qui respirait la joie de vivre était devenu morose. Derrière sa demande, il y avait une envie plus profonde, celle de retrouver sa confiance et son insouciance.
C’est pour ça que cette phase prend du temps, 4 séances pour lui. Je ne cherche aucune solution pour l’instant, je te pose des questions pour comprendre ton environnement et la façon dont tu interagis avec les autres, et avec toi-même. Qu’est-ce qui te plaît ? Qu’est-ce que tu supportes mal ? Qu’est-ce qui te motive ? On met aussi à plat les fondamentaux du coaching, comme tes valeurs et tes croyances.
Où veux-tu aller ? Phase 2, la projection
Tu sais d’où tu pars, tu fixes maintenant le cap. Un objectif de coaching n’est pas un souhait. Il est précis, mesurable et daté. Je travaille avec l’objectif C-SMARTE, que je détaille dans cet article sur la définition d’un objectif de coaching. C’est la phase la plus courte, souvent une seule séance, et celle sur laquelle tout repose.
L’objectif de fond de Mouss, c’était de retrouver sa confiance et son insouciance. C’est beau, mais impossible à mesurer. Après ses 4 séances d’exploration, il l’a traduit ainsi : « Je veux faire 100 nouvelles rencontres pour le 16/11/2022 ». Avec un chiffre et une date, il saurait sans discussion s’il y était arrivé.
Qu’est-ce qui te retient ? Phase 3, la levée des obstacles
Tu sais d’où tu pars et où tu vas. Reste ce qui se met en travers de ta route. Ça peut être un manque de temps, la peur du regard des autres ou une croyance du type « ce n’est pas pour moi » (j’en parle dans cet article sur les croyances limitantes).
Je te donne pas de solution toute faite. On cherche comment contourner chaque obstacle, voire l’éliminer, et comment t’appuyer sur tes ressources personnelles. C’est aussi là que tu listes tes options pour atteindre ton objectif. La phase dure en moyenne 4 séances, Mouss en a eu besoin de 3, et il a listé cinq options lui-même :
- Les cours de salsa, où il pouvait rester après les cours.
- Le café des langues, le mardi, qu’il pouvait compléter par d’autres lieux du même genre.
- Le basket, qui lui offrait un autre cadre pour rencontrer du monde.
- Une association, dans laquelle il s’engagerait, par exemple pour des maraudes.
- L’AFJE, l’Association française des juristes d’entreprise, dont les réunions lui permettaient de croiser des gens de son métier.
Ça va du sport au bénévolat en passant par la danse et le réseau professionnel, et ça couvre les deux moitiés de sa demande de départ, le travail et la vie sociale.
Comment passer à l’action ? Phase 4, la planification
« Planifier, c’est amener le futur dans le présent pour agir dès maintenant », disait Alan Lakein, auteur américain sur la gestion du temps. C’est le principe de cette phase, qui prend environ 2 séances. Tu transformes tes options en plan d’action. Tu y mets des actions concrètes, des dates et les ressources dont tu as besoin, et le planning reste factuel, le plus précis possible.
Le plan de Mouss, établi en 2 séances, comptait 13 actions. Certaines étaient très concrètes : rester après le cours de salsa pour inviter des filles à danser, aller au café des langues puis revoir les personnes en dehors si le feeling passe, faire un match une fois sur deux, chercher une association sur le net et à la fac. D’autres touchaient à son attitude. Il s’était fixé d’être plus proactif, moins réservé, avec plus de légèreté, et de poser des questions. Il avait aussi prévu de solliciter pour sa recherche de contrat, et de partir à Londres, Barcelone et Prague.
À quoi ressemble un entretien de coaching au fil de ces phases ?
Un coaching, c’est une série d’entretiens, mais ils ne forment qu’une partie du parcours :
- Tout commence par le premier échange, offert, où tu exposes ta situation et où on voit si on avance ensemble.
- Viennent ensuite les séances d’une heure, qui suivent les 4 phases.
- Entre deux séances, tu agis. L’objectif de Mouss se jouait dans ses soirées de danse et ses cafés des langues, pas pendant les séances.
- Un entretien de suivi fait le bilan, avec ce qui est atteint et ce que tu gardes.
Le cadre s’adapte lui aussi. Une chose m’a marqué chez Mouss : il habitait dans un tout petit appartement pendant son coaching, et pour nos séances, c’était l’occasion de sortir. Il se connectait en visio avec son téléphone en mode portrait, assis sur un banc la plupart du temps, ou en marchant pendant qu’on parlait.
Une précision utile si tu es arrivé ici en cherchant à te préparer à un entretien d’embauche. Mes accompagnements ne comprennent ni préparation aux entretiens ni négociation. L’entretien dont je parle ici, c’est celui du coaching lui-même.
Si tu veux zoomer, je détaille le déroulé d’une séance dans un autre article.
Et si tu n’avances pas dans l’ordre prévu ?
Ces 4 phases, c’est pas un escalier rigide. Un coaching s’adapte à toi. En phase 3, un obstacle peut te pousser à préciser ton objectif. En phase 4, une action peut te faire découvrir une option que tu n’avais pas vue.
On fait des boucles, des pas de côté. Mais on revient jamais en arrière, parce qu’on avance tout le temps.
« Le chemin se fait en marchant », écrit le poète espagnol Antonio Machado dans Campos de Castilla (1912). Quelques vers plus loin, il ajoute qu’en regardant derrière soi, on voit un sentier qu’on ne foulera plus jamais. Un détour, c’est encore du chemin parcouru.
Les questions que tu te poses sur les phases du coaching
Faut-il un objectif précis pour commencer ?
Non. Tu arrives avec une demande, souvent floue. Les phases 1 et 2 servent justement à la préciser. Mouss est arrivé avec une demande large, et c’est lui qui a fini par chiffrer son objectif.
Comment passe-t-on d’une phase à l’autre ?
Presque sans t’en rendre compte. C’est au coach de mener le coaching et de te faire avancer de phase en phase, sans forcément l’annoncer. Il y a pas de grande rupture au passage de l’une à l’autre, c’est juste la suite de la conversation.
Quelle différence avec un psy ?
C’est pas le même terrain ni le même but. J’en parle dans cet article sur coach ou psy.
Le coach donne-t-il des conseils ?
Mon rôle consiste surtout à poser les bonnes questions et à te donner des outils. Les réponses viennent de toi, comme les cinq options de Mouss, qu’il a listées lui-même.
Un coaching qui s’arrête avant la phase 4 reste un beau travail
Les trois premières phases te font comprendre. La quatrième te fait bouger. Si tu t’arrêtes avant, tu repars avec une belle prise de conscience, et une semaine plus tard ton quotidien n’a pas changé.
Mouss est arrivé en s’effaçant de plus en plus. Au fil des séances, j’ai découvert un Mouss drôle, qui faisait de plus en plus de blagues. Il est reparti avec un chiffre, une date et 13 actions. Il a repris confiance en lui et travaille aujourd’hui comme juriste dans une grande entreprise.
« Pour ce qui est de l’avenir, il ne s’agit pas de le prévoir, mais de le rendre possible » disait Antoine de Saint-Exupéry dans Citadelle.
Si tu veux voir à quoi ressemblerait ton propre parcours, je te propose un premier échange offert et sans engagement. Tu me racontes ta situation, et on regarde ensemble par quelle phase tout commence pour toi.